Story

Lettre à ma meilleure amie (que j’ai pu faire douter de devenir mère)

pinterest lettre à ma meilleure amie

A toi ma copine, mon amie, celle qui me connait plus que je ne connais la comptine des crocrodiles et avec qui je partage les peines et grandes joies de la vie depuis tant d’années déjà… Tu as pu vivre à mes côtés une nouvelle étape de ma vie : celle de devenir mère. Tu m’as vu enceinte, pleine de valeurs pour ce futur bébé et surtout tu m’as vu galérer… Tu étais là, intime, à suivre ma jeune vie de maman, encaissant mes ras le bol, mes peines, ma fatigue comme une vraie amie que tu es. Mais toi aussi tu te questionnais sur ton projet bébé. Au moment où tu m’as le mieux accompagnée, je t’ai vu douter… Finalement, ce ne serait pas pour maintenant. Et je ne peux m’empêcher de penser que j’ai une part de responsabilité dans ta réflexion… Presque 1 an après l’arrivée de la tempête, il est temps pour moi de t’avouer plus que ça.

« Autour de nous, elles « pondent » toutes des enfants à la pelle ». On les voit, passer l’étape suivante, celle à laquelle on sait qu’on finira par passer également. Notre 3ème compère a d’ailleurs déjà sauté le pas et la voici passée du côté des « mamans ». Nous on attend de trouver un bon boulot, avoir notre maison et finalement, je me lance. Même pas besoin de te l’annoncer, tu l’as déjà deviné. Et comme à notre grande habitude, on a un avis sur tout ! Continuer le sport enceinte (on n’est pas malade non plus !), la question de la charcuterie sous vide et le fromage pasteurisé (mais je te dis qu’ici il ne peut pas y avoir de lait cru !), emmener son enfant partout (de toute façon ils s’habituent dès tout petit !), ou encore l’alimentation de bébé (les petits pots, c’est mooort). Tout ou presque y passe et on sait que ça fait partie du jeu ! Chercher à savoir qui on sera et surtout celle qu’on ne veut pas devenir. Et puis, en bonnes françaises que nous sommes, on aime bien râler, voire critiquer et à force de discuter grossesse et bébé, voilà que tu m’annonce que tu souhaite arrêter ta contraception ! Folle de joie au fond de moi, j’imagine déjà notre marmaille grandir ensemble, jouer dans le bac à sable pendant qu’on sirote notre rosé framboise. Et finalement mon bébé est arrivé.

Tu as 2 types de copines.

La première, la copine. C’est celle qui t’écrit un SMS pour te prévenir qu’elle passera dans l’après-midi, qui viendra t’amener un joli cadeau pour ton bébé, boira un petit coup, te dira que ta poulette est trop chou et partira en te disant que ça fait plaisir de te voir maman et que tu as bonne mine. Très sympa, on est heureuse de les voir, et on ne manquera pas de faire de même lorsque ce sera son tour.

Et puis il y a l’amie. La vraie, avec un grand A. Celle qui trépigne toute la journée que tu passe à la mat’ parce qu’elle sait depuis quelle heure tu y es, le nom de ton gynéco et l’heure exacte de ta césa programmée. Celle qui ne se sent pas obligée de venir te voir la mat’ ou passe un petit coup pour te faire un bisou à ton bébé, mais surtout à toi. Qui te demande si tu as réussi à aller aux toilettes (parce qu’aucun sujet intime ne la dégoutera) et qui une fois chez toi, viendra manger avec toi, en amenant le fromage (au lait cru) et le dessert voire carrément sa gamelle et n’hésitera pas à prendre ton Bébé Loup dans les bras le temps que tu aille prendre une douche (parce que tu t’en fiche qu’elle arrive et te trouve encore en pyjama…à 12h16).

Evidemment, je n’ai pas besoin de préciser dans quelle catégorie tu te trouve. Tu fais partie de mon entourage proche, celui qui voit vraiment comment ça se passe, pas celui qui te voit apprêter, bébé lavé, nourri et qui sent bon, sans se douter des étapes nécessaires pour arriver comme ça.

Alors il y a des jours où ça va, et on discute surtout des derniers cancans du coin, de la cousine à ta collègue qui a déménagé en Irlande mais surtout pas de bébé pour cause de légère saturation… Et puis il y a les jours de loose. Ceux où tu arrives et me trouves les yeux explosés parce que je n’ai pas dormi de la nuit, parce que je galère, doute et que j’ai besoin de mon amie pour déverser mon trop plein d’émotion. Tu te rappelle, mes phrases un peu dures, voir un peu violentes, que je ne disais qu’à toi seule parce que je n’avais aucune peur d’être jugée ? A coup de « j’étais pas prête, je regrette ma vie d’avant où je n’avais qu’à penser à moi, comment j’allais m’habiller pour aller bosser et ne pas avoir à regarder l’heure pendant qu’on se faisait un resto parce que l’heure n’avait que peu d’importance »…  Et parce qu’on n’est pas du genre à compatir, et pleurer sur l’épaule de l’autre, tu m’as laissée râler, en avoir marre, allant même dans mon sens disant que oui, dès fois les bébés, ils sont quand même bien casse pied ! Je n’avais pas peur que tu me regardes comme une mère qui ne gère pas, qui s’inquièterait des mots employés ou qui se dirait que je n’arrête pas de me plaindre… Je l’ai bien voulu après tout ! J’avais besoin de toi, pour ensuite aller mieux, et être une bonne maman auprès de mon bébé… Un vrai sas de compression ! Alors on milite pour les mères qui ont le droit de ne pas tout faire en souriant, pour le droit au ras le bol, pour le droit de ne pas être une de ces mamans en fusion ultime avec leur bébé, toujours accroché à elle, se dévouant corps et âme pour lui… Je n’étais pas de ces mères là, merci de m’avoir permis de l’assumer.

bébé meilleure amie.jpg

Mais ça c’était surtout au début !

Les mois passent et ça évolue. Bébé Loup grandit, moi je gère un peu mieux et finalement je retrouve un rythme plus serein. J’arrive à devenir une mère qui assume (plus ou moins parfois) ses choix. Tu me suis toujours, mais après ces premiers mois un peu difficiles, on discute un peu moins intimement de tout ça. En gros, je ne te claque pas mes élans de joie de maman au visage. Parce que j’ai compris. Compris que de ton côté, ce n’est plus d’actualité. Il n’est plus question de faire un bébé… Ce n’est plus le moment pour toi, pour vous, et les gens te bassinent tellement que tu ne veux même plus en parler. Peut être que c’est vraiment ça. Tu as de nouveaux projets et préfères reporter un peu, tu as raison. Ne te lance surtout pas si tu n’en as pas réellement envie. Mais sache que devenir maman, ce n’est pas que ce que tu as vécu à mes côtés ces derniers mois…

Un beau matin, tu te lèveras et aura cette drôle d’envie d’aller la regarder dormir, ses petits pieds recroquevillés dans son petit pyjama.

Un jour, elle va s’asseoir et tu rendras compte de la fierté que ça procure, que tu es finalement plus gaga que tu n’auras cru tellement tu as envie de le dire à la terre entière

Un jour, tu lui donneras le bain et quelque chose suspendra le temps. Tu la regarderas, prenant une claque parce que tu la trouveras belle et qu’il sera difficile de réaliser que vous l’avez créée de toute pièce.

Le jour où elle posera volontairement sa tête contre toi, te montrant qu’elle est si bien dans tes bras, tu ne bougeras plus, de peur qu’elle enlève sa tête et que ce moment soit déjà fini.

Le jour où tu reliras ces phrases de nounouille, et tu comprendras que des milliers de mères ressentent en faite la même chose que toi. Que finalement, tu es amoureuse d’elle, de sa bouille, de ses grimaces, de ses petons, de son odeur et que tu ferais tout pour qu’elle soit heureuse dans la vie. Non ma copine, on n’est pas du genre à aimer écouter les niaiseries, et je ne t’en parlerais pas à chaque fois qu’on se voit, mais sache juste que c’est aussi ça être maman. C’est se rendre compte, de jour en jour (et pas forcément à la première rencontre) que cette toute petite chose qui dépend de toi, tu ne pourras plus jamais vivre sans elle. Que oui, c’est parfois galère, voire très dur, mais que ça ne dure pas. Oui j’ai pu regretter ma vie d’avant, tellement plus simple, mais que si c’était à refaire, je signe tout de suite. Ca ne tombe pas du ciel, ça prend des mois. Des mois à se découvrir et finalement former la plus belle équipe qu’il nous ait donné de faire.

Je te jure, finalement ça vaut le coup.

Je serais toujours là, pour le pire et le meilleur, y compris quand ce sera ton tour.

instagram lettre à ma meilleure amie

Lien vers Instagram

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s