Un peu de sérieux...

L’éducation approximative : retour sur un livre qui vaut le coup d’œil !

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En lisant un article de Picou bulle (article juste ici !), j’avoue que dame Picou m’avait plutôt bien vendu le truc… Je courais alors m’acheter ce bouquin que j’ai dévoré en un rien de temps ! Il m’a fallu néanmoins quelques semaines pour le digérer, le réfléchir et en tirer certaines conclusions par rapport à ma vie de maman, mais aussi ma vie pro ! Il était donc plus qu’important pour moi d’en parler aujourd’hui.

Un style imparable

Agnès Labbé, maman de 4 loupiots, bloggeuse (par ici !)  et tant d’autres choses encore est l’auteure de ce livre. Je la suis sur Instagram depuis mes débuts et j’avoue être un soupçon facinée par cette wonder maman, qui gère sur tous les fronts…en acceptant de râler parfois, le clamer haut et fort et assumer quand ça dérape. Ma non-objectivité étant déjà posée, je continue…

Cette maman nous parle clairement, sans chichi, utilisant des mots simples, comme si on buvait le café avec une copine. Pas de blabla, pas de grandes phrases pompeuses qui nous font nous demander si l’auteur a déjà côtoyer, pour de vrai, des enfants plus d’une demi-heure (hooo que si elle sait de quoi elle parle !). On lit plutôt vite, parce qu’on voit très bien de quoi on parle. Et puis j’adore cette façon de parler de valorisation de soi et de coquillette dans la même phrase, sans perdre toute sa crédibilité !

Ensuite, le livre est super bien construit. On y trouve des thèmes, toujours détaillés de la même façon, ce qui rend fluide la lecture et surtout facilite la recherche d’un thème en particulier (je me doute bien que je devrais aller fouiller du côté des pages « rentrée scolaire » un jour ou l’autre…).

Bref, c’est chouette, ça se lit bien, ça percute… On continue ?

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A bas culpabilité et discours moralisateurs !

Depuis que je suis en formation, je lis et relis Dolto, Cyrulnik et Filliozat. Des professionnels qui m’ont fortement guidé dans mon évolution pro, forgeant mon identité et mes valeurs concernant le jeune enfant. J’ai donc « grandi » avec une certaines conceptions de l’éducation et la verbalisation, la bienveillance, le respect du rythme de l’enfant sont des notions centrales de mon travail. Des valeurs qui ont aussi façonné la façon dont je souhaite éduquer mes enfants. Sauf qu’il y a une chose que j’aurais vraiment aimé qu’on m’explique davantage en sortant de l’école : il y a un fossé entre la théorie et la pratique. Les guides parentaux sont saturés de références à ces auteurs incroyables, qui avancent des théories plus intéressantes les unes que les autres… Sauf que les techniques qu’on nous propose pour les transposer au quotidien sont souvent impossibles à réaliser. On nous baigne, jeunes parents, dans une piscine remplie de « il faut », « tu dois », « mais tu ne dois surtout pas », qui fabrique une culpabilité et une pression difficilement supportable.

« L’éducation approximative » est une pépite de déculpabilisation. Je sors tout juste de ma première année de maman, pas franchement bien vécue où les questions qui se bousculaient dans ma tête m’ont gâché mes premiers mois de vie avec ma fille. Je ne compte plus les phrases de ce livre où je me suis dit « purée, elle aussi a pensé ça ! ». On parle lâcher prise, temps pour soi, et prône le NON COUPABLE ! Une fois qu’on a pris une bonne inspiration, la notion d’approximation prend tout son sens : se détendre, s’écouter aussi, se respecter, accepter que rien ne sera parfait pour finalement transmettre avec plus de naturel toutes ces belles choses qu’on aimerait bien leur donner… Zut, je recommence à voir des paillettes…reprenons.

« Une mère au bout du rouleau est moins efficace qu’une mère (un peu) égoïste. Souvenez-vous-en. C’est pour le bien des enfants »

Dans la deuxième partie, on retrouve des thèmes, concrets, du quotidien et des pistes pour aborder tout ça. A coup d’expérience directement vécue par Agnès Labbé, on aborde les tracas de la vie de parent, de la crise au supermarché, la galère du bain ou encore le formidable moment des transmissions le soir à la crèche. J’avoue avoir beaucoup ri sur ce passage, criant de vérité, et où je me suis tellement retrouvée (cf Le monde parallèle de la crèche)…

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Alors, qu’est-ce que je garde ?

En tant que maman : le lâcher prise ! J’aime cette façon de nous déculpabiliser, si efficace ! J’ai le droit d’avoir une règle « à la noix » qui me plaise à MOI. J’ai le droit d’avoir choisi d’allaiter…et d’arrêter à la première difficulté. J’ai le droit d’aller m’enfermer dans mon dressing parce que je ne supporte plus de l’entendre pleurer (vaut mieux ça que de vouloir la passer par la fenêtre !). J’ai le droit d’être parti en vacances juste avec papa !

Et puis il y a les petits conseils « mémo » qui marchent bien. Il y a les rigolos (« dans ses bons jours, le parent approximatif passe du temps à nettoyer son enfant intégralement façon Elephant Bleu, programme intensif. Il sait qu’ainsi il pourra relâcher la pression les jours suivants ») et les vrais, sérieux, avec lesquels je suis archi d’accord (« le parent approximatif ne se moque jamais d’un enfant qui pleure, ni des raisons de son chagrin. Toute détresse est légitime »). Encore mieux, il y a ceux que je fais au boulot, mais que je n’ai pas la patience de faire chez moi (cf le bâton de la colère !). Et puis il y a les autres, que je devrais très certainement appliquer dans un avenir pas si lointain, et que je garde sous le coude…

En tant qu’éduc… Tant de chose.

J’ai lu ce livre en tant que maman. Et il m’a pourtant tellement fait réfléchir en tant que pro. Ma boîte mail est bondé d’article prônant communication positive et éducation bienveillante, où le surnom donné à l’enfant est synonyme de trop grand attachement envers les enfants dont on s’occupe (vade retro satanas !!!), où le mot punition est diabolisé et où monter le ton montre un manque de patience et de professionnalisme… La culpabilité, la pression est partout alors que… Je travaille dans une micro-crèche où je m’adresse aux parents en les appelant par leur prénom (ce qui n’empêche pas le respect) et où on tente de garder autant que possible cette enveloppe « familiale ». En tant que directrice, je dois faire appliquer le règlement et toutes ces règles de conduite pour éviter les « dérives ». La lecture de ce livre arrivant juste à un moment de remise en question de ces notions, il m’a clairement aidé à me détendre du chignon justement, sans bien évidemment tomber dans l’extrême opposé. Les crèches et les pédagogies de la petite enfance tendent parfois à formater nos actes, nos paroles à l’enfant, nous faisant perdre notre naturel et notre spontanéité. Hors, les enfants ont terriblement besoin de ça. J’ai mis plusieurs semaines à mûrir ces questions, mais aujourd’hui, où je travaille, un « ma poulette » est sorti et ça ne transpirait pas un attachement déplacé de ma collègue, mais clairement un bon moment de complicité entre cette poulette de 3 ans et la femme qui s’occupe d’elle un certain nombre d’heures par jour. L’autre jour j’ai râlé. Parce que j’étais fatiguée de lui expliquer 56 fois qu’on ne force pas un copain à manger un légo. Comme lui parfois peut râler, moi aussi j’en avais marre et ne voulais plus lui expliquer (ensuite, j’ai appelé au secours ma collègue pour relai !). Et puis finalement, tout le monde s’en porte mieux comme ça je crois. Permettre aussi à ces enfants de côtoyer des adultes, des professionnels qui n’en restent pas moins humains, tout comme eux, mais qui agissent avec beaucoup plus de naturel, de spontanéité et du coup, de gaité ! Je vous jure que ça se ressent terriblement auprès d’eux !

Alors ouiii, j’ai aimé ce livre ! Qui fait du bien, qui ne prend pas la tête, qui inspire à être meilleure, moins dure avec soi-même…Et par extension avec ses enfants. J’ai aimé ce livre qui donne des vrais clés, où on sait de quoi on parle, pas comme la majorité des guides parentaux. Et oui j’ai aimé ce livre, qui me bouscule un peu, moi et ma culpabilité, ma vision de la maman parfaite, ma vision de comment « il faut » se comporter avec un enfant, chez moi avec Bébé Loup et au boulot.

Je ne peux donc que le conseiller… Il est déjà prêté à la belle sœur, option jumeaux, elle aussi.

 

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